2. Les mécanismes de la communication
• L'influence et ses modes
À Herbert Kelman revient, dans le cadre d'une réflexion théorique sur les mécanismes inhérents au changement d'opinions, le mérite d'avoir ouvert cette voie féconde. Laissant de côté le détail de son savant paradigme où il résume, avec un incontestable sens synthétique, les principales conclusions de son étude, on rappellera simplement la distinction fondamentale qu'il établit entre trois processus d'influence, à savoir la soumission, l'identification et l'intériorisation. Notons d'abord que ces trois termes ne sont pas tous sur le même plan. La soumission en effet implique une sorte de calcul utilitaire en vertu duquel nous obtempérons aux injonctions d'autrui parce qu'il contrôle les moyens, pour reprendre l'expression de Herbert Kelman, et nous tient sous sa surveillance, c'est-à-dire qu'il peut user à notre égard de sanctions négatives. Or il n'y a rien de tel dans l'identification ou dans l'intériorisation : dans le premier cas, c'est l'association symbolique d'un comportement à un autrui fortement valorisé (qu'il s'agisse d'une personne ou d'un groupe) qui nous pousse à l'adopter ; dans le second c'est la conformité de tel ou tel mode de conduite à notre système de valeurs qui nous incite à le faire nôtre. S'il est encore permis de parler ici de sanctions, elles sont, cette fois, positives : l'opposition est donc très nette entre le premier mode, qui ne relève pas, comme on le verra, de l'influence au sens strict, et les deux derniers. De surcroît, Kelman a, semble-t-il, le tort de ne pas assez souligner que l'influence implique, avant toute autre caractéristique, une relation sociale entre influenceurs et influencés. La typologie de Kelman n'est donc pas pleinement satisfaisante : elle n'en représente pas moins une importante contribution à l'étude de l'influence, à laquelle il est juste de rendre hommage, comme Talcott Parsons ne manque pas de le faire dans son important article sur ce sujet.
Parsons p […]
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