3. L'utilisation de l'Indus : l'irrigation
L'irrigation à partir de l'Indus et des rivières de son bassin revêt des caractères différents dans les piémonts (Punjab et régions voisines) et sur le cours inférieur.
Sur les piémonts, le climat est encore assez pluvieux en été pour qu'une culture non irriguée soit possible. Mais elle est aléatoire et n'intéresse que des plantes résistant à la sécheresse. Aussi, depuis très longtemps (on cite des ouvrages remontant au xive siècle), les populations ont-elles construit des canaux qui répandent les eaux des rivières sur de vastes superficies pendant les périodes de forte abondance de l'été. Au xixe siècle ont été réalisés, d'une part, des canaux plus longs, avec des prises d'eau situées loin en amont, et, d'autre part, des barrages de dérivation qui, relevant de quelques mètres le niveau des rivières, permettent d'assurer une alimentation pérenne à un certain nombre de canaux, et donc d'arroser les cultures en hiver, c'est-à-dire en saison sèche. Une importante région agricole, qui produit surtout du blé, de la canne à sucre, fut ainsi constituée. Depuis 1950, une nouvelle phase de travaux a été menée à bien : de grands barrages-réservoirs, comme celui de Bakhra-Nangal en Inde (sur la Sutlej) et du barrage Jinnah sur l'Indus, près de Kalabagh au Pakistan, ont permis de régulariser les apports d'eau et d'étendre les régions irriguées, notamment en saison sèche.
La plaine du cours inférieur, située tout entière au Pakistan occidental, a un climat tel que la culture y est impossible sans irrigation. Aussi a-t-on créé de véritables oasis, comparables à celles de l'Égypte ou de l'Asie centrale. Le grand barrage de Sukkur dérive les eaux de l'Indus vers un réseau de canaux, que vient relayer vers l'aval celui du Sind. Ces travaux, entrepris entre les deux guerres mondiales, ont été complétés ensuite. Ici, on a cherché à rendre les investissements rentables en développant principalement la culture du coton, plante bien adaptée au climat sec.
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



