3. L'analyse par facettes
Avant la publication de la C.C., les systèmes de classification se fondaient sur le principe de l'analyse : il s'agissait d'énumérer des sujets, simples et complexes, en les disposant autant que possible selon des hiérarchies génériques ou pseudo-génériques, comme celle qui distingue le tout de la partie. Au contraire, dans la C.C., seules les hiérarchies génériques vraies sont énumérées ; pour subdiviser davantage, on se sert de termes empruntés à diverses catégories, ou « facettes ». Une théorie similaire a été élaborée indépendamment dans d'autres pays. L'idée fondamentale est que les concepts qui font partie d'un domaine de connaissance sont susceptibles d'être analysés et groupés ainsi en diverses catégories de termes clairement définis et distincts les uns des autres. Ranganathan a suggéré que ces catégories pourraient s'apparenter à cinq notions fondamentales : Temps, Espace, Matière, Énergie et ce qu'il appelle Personnalité. À l'intérieur de chaque sujet, il a appelé « facettes » les groupes de termes tirés de ces catégories fondamentales, et dans chaque sujet la notion centrale qui lui donne son identité spécifique constitue sa Personnalité. Un spécialiste doit s'attendre à voir groupés, sous cet aspect, les ouvrages qu'il a produits.
Cette notion de Personnalité appliquée à un sujet se rapproche de l'idée centrale de la théorie générale des systèmes élaborée par Ludwig von Bertalanffy et d'autres, en particulier aux États-Unis. La théorie se présente comme une exploration scientifique des idées de Total et de Totalité, entités qui présentent une série de niveaux dont l'organisation est de plus en plus complexe. Elle se donne pour but de formuler des principes généraux pour tous les systèmes, quelles qu'en soient les entités élémentaires et quelles que soient les relations qui unissent celles-ci. Dans la C.C., ces entités sont définies par le terme de Personnalité, leurs relations par celui d'Énergie ; les parties et les matériaux dont se comp […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 15 pages…



