4. L'époque coloniale
• La conquête britannique
Dupleix trouve un émule de talent en la personne de l'officier anglais Robert Clive. Vainqueur du nawāb du Bengale au combat de Plassey (1757), menant à bien de savantes intrigues, vainqueur de nouveau à Baksar d'une coalition où figure l'empereur mogol (1764), il donne à l'East India Company le contrôle et les revenus du Bengale et du Bihār, et à ses agents toute liberté de s'y enrichir par le commerce, régulier et irrégulier. La guerre de Sept Ans, entre-temps, a dressé en Europe l'Angleterre et ses alliés contre la France. Pondichéry, sans Dupleix, est prise et détruite en 1761. Le traité de Paris (1763), qui met fin à la guerre, laisse cinq comptoirs à la France, ainsi ramenée en Inde à une modeste figuration commerciale. L'Angleterre, au contraire, présente à Calcutta, à Bombay, à Madras, remporte des victoires contre les Marathes (1782) et contre le puissant Maisūr de Tīpū Sultān, allié de la France (1784), au milieu d'un perpétuel imbroglio diplomatique. Le maître du jeu est alors le gouverneur Warren Hastings (1774-1785). Sous son successeur, lord Cornwallis (1786-1793), l'activité de la compagnie anglaise, jusqu'alors réduite à la recherche débridée du profit, s'organise et se moralise, sous la pression de l'opinion britannique. On met sur pied un corps d'administrateurs, des tribunaux, l'embryon d'une police. On entreprend de maîtriser et de régulariser le système fiscal, et l'on transforme en propriétaires fonciers à l'occidentale – et du même coup en contribuables ordinaires – les chefs locaux de tout acabit (zamīndār) qui régnaient sur le plat pays les armes à la main (Permanent Settlement de 1793). On s'abstient durant ce temps d'intervenir dans les guerres que se livrent les héritiers divisés de l'empire marathe.
La conquête reprend sous lord Wellesley (1798-1805). Elle est achevée pour l'essentiel en 1819, une fois les principales maisons marathes définitivement abattues. Guerres et coups de force ont abouti à la constitution des trois « présidences » de Calcu […]
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