2. Les temps classiques
L'histoire de l'Inde du Nord-Ouest s'éclaire de nouveau à la fin du vie siècle avant J.-C., lorsque les expéditions de Cyrus puis de Darius Ier annexent à l'Empire perse la Bactriane et une partie du bassin de l'Indus. À cette avancée perse, l'Inde doit l'introduction de la monnaie ; l'écriture kharoṣṭhī, adaptée de l'écriture araméenne des scribes achéménides, dont l'usage, de l'Indus au Gange, durera un demi-millénaire ; l'ouverture des échanges commerciaux et intellectuels avec le monde méditerranéen. Deux siècles plus tard, Alexandre, vainqueur des Perses, marchand sur les brisées de Darius, s'empare à son tour de la Bactriane, franchit l'Indus au printemps de 326, et soumet rapidement le Pañjāb. Contraint par ses troupes d'interrompre sa progression à la rivière Beas, il rebrousse chemin l'année suivante. Mais il laisse des garnisons derrière lui, et nomme des satrapes pour gouverner ses conquêtes indiennes. Un contact est ainsi établi, pour plusieurs siècles, entre l'hellénisme et l'« indianité ».
• L'Empire maurya
L'Inde aborde à cette époque sa première phase d'unification impériale. Au vie siècle avant J.-C., l'un des royaumes de l'Inde aryanisée, le Magadha, né dans le Bihar méridional, a commencé d'affirmer sa suprématie sur ses voisins. Deux siècles plus tard, sous la dynastie des Nanda, il maîtrise tout l'espace gangétique, des approches du Pañjāb aux confins du Bengale. En 321, le trône est usurpé par un aventurier d'ascendance aborigène, Çandragupta Maurya, qui étend la domination du Magadha vers le sud jusqu'à la Narmadā, et reprend en 303 sur Séleukos Nikator les provinces indiennes d'Alexandre. Son fils Bindusāra conquiert le Dekkan jusqu'au Maisūr (Mysore), qui entre à peine dans l'âge du fer. Le Kaliṇga (actuel Orissā) seul lui échappe ; il sera soumis en 260 avant J.-C. par son fils Aśoka (269-232).
Le subcontinent indien, sous les Maurya, pour la première fois dans […]
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