3. Logique et physique
La physique dans l'Inde classique se réduisait aux théories philosophiques de l'école du Vaiśeṣika sur la structure atomique des cinq éléments : terre-eau-feu-vent-éther, les atomes et la causalité. La littérature musicale contient une étude des harmoniques. Mais la physique ne semble pas s'être constituée comme science. Formulé au départ dans des textes distincts, le Vaiśeṣika ou « système des discriminations » de la réalité tendit à fusionner avec le Nyāya, la « logique ». L'étude de cette tradition dite du Nyāya-Vaiśeṣika relève plutôt de la philosophie que de l'histoire des sciences. Elle constitue néanmoins le cadre conceptuel dans lequel s'est développée une véritable science de la logique formelle. La logique hindoue connaît aujourd'hui une vogue inattendue en Occident, pour au moins deux raisons. D'une part, la question des modalités du jugement – souvent ni vrai ni faux mais probable ou douteux, impératif ou optatif – et la question des rapports entre la logique et la grammaire, qui intéressent particulièrement les logiciens contemporains, sont abondamment discutées dans les textes sanskrits. D'autre part, l'essor des recherches historiques sur la logique ancienne en latin et en grec bénéficie aux études sanskrites et suscite un nouvel intérêt pour la « variété indienne » (I. M. Bochenski) de la logique.
L'histoire de la logique indienne se divise en deux périodes. De ses débuts dans les Nyāyasūtra, « Aphorismes sur la logique » (iie s. apr. J.-C.), jusqu'au xive siècle, l'ancienne tradition du Nyāya fit fleurir une immense littérature où l'étude formelle des propositions et du raisonnement conclusif, associée à la physique purement spéculative du Vaiśeṣika, était engloblée dans la métaphysique et la théorie de la connaissance. Mais une autre tendance se fit jour, qui était d'éliminer du Nyāya les questions relevant de la philosophie générale ou de la religion pour ne produire plus que des livres de logique pure, des « traités de raisonnement » (tarkaśāstra). Une autre époque […]
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