5. Développements modernes et rencontre avec l'Occident
Nombre de doctrines et d'écoles anciennes ou médiévales sont restées vivantes en Inde jusqu'à l'époque actuelle et font donc toujours partie des philosophies modernes du pays, d'autant plus que souvent leurs théoriciens ne restent pas passifs et s'emploient à les accommoder par l'interprétation aux idées en vogue dans le présent monde international de la pensée. Certaines doctrines oubliées de longue date, comme celle du bouddhisme mahāyãnique, ou jadis disparues de l'Inde, comme celle du bouddhisme Theravāda, y sont aujourd'hui remises en honneur dans certains milieux. Grâce au grand travail accompli depuis le début du xixe siècle pour la recherche des textes, leur édition et leur interprétation, l'Inde, qui avait toujours conservé vivante une partie de ses traditions, en a retrouvé bien des éléments délaissés. Elle puise aujourd'hui dans son passé comme chacun puise dans sa mémoire. En outre elle dispose de toute la philosophie occidentale, alors que la réciproque n'est pas vraie et que les Occidentaux, eux, ne disposent en général que de leurs propres systèmes de pensée. En pratique, toutefois, les milieux philosophiques indiens n'ont pas habituellement libre accès à toute la littérature philosophique occidentale. Leur information directe est le plus souvent limitée aux textes en anglais et l'enseignement philosophique universitaire suit toujours des programmes classiques anglais complétés par des enseignements de philosophie indienne où la doctrine de l'advaita de Śaṅkara occupe une place privilégiée. Le Nyāya, la Mīmāṃsā, la spéculation grammaticale et la poétique restent cultivés d'une manière approfondie, mais dans les écoles traditionnelles plutôt que dans les universités, où l'enseignement est beaucoup plus général mais demeure plus élémentaire. D'un autre côté, la confrontation opérée en Inde des philosophies occidentales avec celles de l'Inde, commencée à la fin du xviiie siècle, s'est faite dans des conditions […]
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