4. Les premiers États indianisés
À la fin du iiie siècle, au plus tard, un certain nombre d'États, indianisés de culture, mais bien indigènes quant au fond, sont désormais connus. Du point de vue archéologique, les plus anciens ont été révélés par les fouilles de Birmanie. Beikthano, Halin et enfin Śrī Kṣetra, peuplés par des Pyu, de langue birmane, fleurissaient depuis au moins le ier siècle avant J.-C. L'ampleur de leurs enceintes en brique prouve leur puissance. Les vestiges de sanctuaires y montrent ensuite l'enracinement du bouddhisme. Le Fou-nan, dont le centre fut au Trans-Bassac (sud du Vietnam), mais qui semble avoir dominé les rives du golfe de Siam, fut le plus puissant. Un de ses ports, Oc-éo, a été fouillé et a livré les témoins d'une riche civilisation matérielle, échelonnés du iie au ve siècle. Nous ne savons pas qui le peuplait : un groupe de langue indonésienne probablement. Tout à côté, et parlant la même langue, les peuples des États du Champa (actuel centre du Vietnam) se développaient, vigoureusement en lutte avec la Chine, pour se fondre en un grand royaume dès 340. Apparaissent également les premiers royaumes indonésiens dans la partie occidentale de Java, au ve siècle, et à Sumatra, où un royaume de Malayu est connu au début du vie siècle. La péninsule malaise voit fleurir une chaîne de petites thalassocraties, qui jouèrent un rôle important dans la diffusion du bouddhisme. Les Môns, enfin, de basse Birmanie, autour de Thaton, et du delta siamois, autour de Nakhorn Pathom, sont également regroupés en principautés bouddhistes à la même date. Leurs cousins khmers, pour leur part, dans la vallée moyenne du Mékong, se forment au contact du Fou-nan dont ils bordent la frontière septentrionale.
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