Mutinerie d'un caractère original, la capture de Tchiang Kai-chek par Zhang Xueliang, connue comme « l'incident de Xi'an », constitue une péripétie diplomatique dont les implications politiques et psychologiques ont marqué le destin de la Chine et, en particulier, le développement de son sentiment national.
Jeune puissance économique et militaire qui a déjà soumis la Chine impériale (1895) et la Russie tsariste (1905), le Japon voit après 1914 une nouvelle Chine républicaine tenter de réaliser son unité nationale. Aussi, dès la fin de la Première Guerre mondiale, reprend-il ses manifestations impérialistes : « vingt et une demandes » (1915), véritable ultimatum de protectorat sur la Chine ; extension en Mandchourie et en Chine du Nord (1928) ; « incident de Moukden » (1931) et création du Manzhouguo ; occupation de Shanghai (1932), du Rehe (Jéhol) et du Hebei (1933 à 1935). Malgré ces empiétements constants, Tchiang Kai-chek, leader du Guomindang (GMD), temporise : il se sent encore trop faible pour vaincre le Japon et veut d'abord défaire ses ennemis intérieurs, les communistes qu'il combat depuis 1926. Ceux-ci, après leur débâcle de 1927 (prise de Nanchang et Commune de […]
