4. La gestion des terres
Chaque ayllu possédait également un terroir ou marka, dont les terres agricoles étaient exploitées collectivement, alors que les pâturages demeuraient individuels. La garde des troupeaux était confiée aux enfants ou aux adolescents. L'économie pastorale se fondait sur l'élevage, notamment celui des camélidés, lama et alpaga, qui fournissaient la viande, parfois sous forme de charqui (séchée et salée), ou la laine. La peau servait à la confection de sandales ou de sacs, les os à la fabrication d'outils divers : aiguilles ou flûtes, et les excréments, taquia, constituaient un excellent combustible. Le lama, seul animal de bât connu dans les Andes, servait au transport des marchandises et au ravitaillement des villes.
Les terres de culture étaient distribuées par lots, entre les différentes familles de l'ayllu. Chaque famille disposait de parcelles situées dans divers étages écologiques, contrôlées par l'ayllu, leur permettant d'obtenir une grande variété de produits. Sur les hauts plateaux étaient cultivées des céréales, comme le quinua ou la cañagua, et d'innombrables espèces de pomme de terre. Déshydratées, sous la forme de chuño, elles étaient faciles à transporter et à conserver. Le maïs, bouilli, grillé ou réduit en farine, entrait dans l'alimentation quotidienne. Celle-ci se composait généralement de soupes et de brouets, de tubercules, agrémentées de viande de lama, de cochon d'Inde ou de chien. Le maïs servait également à l'élaboration de la bière ou chicha, consommée à l'occasion des fêtes, et la farine qui en été extraite entrait dans la composition des offrandes et des sacrifices. Les oasis côtières offraient un large éventail de denrées : courge, haricot, piment, avocat, patate douce, manioc, arachide, poissons séchés, algues. On y prélevait aussi des matières premières comme le coton pour le tissage, le bois pour la construction et la confection de divers objets, ou le guano pour servir d'engrais. Certains coquillages, tel le spondyle, étaient utilisés pour le culte. […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



