Poète et dramaturge hongrois, Imre Madách doit sa renommée à son chef-d'œuvre, La Tragédie de l'homme, poème dramatique en quinze tableaux, représentatif d'un genre typique du xixe siècle qu'illustrent le Caïn de Byron, le Faust de Goethe et le Peer Gynt d'Ibsen. Madách fut marqué par le courant sceptique qui, provoqué par le développement des sciences naturelles, devait s'affirmer à la fin du siècle. Malgré l'influence indéniable de la philosophie de l'histoire de Hegel, l'humanité, dans l'univers de Madách, ne fait aucun progrès ; ses mouvements s'inscrivent plutôt dans un ordre cyclique qui préfigure la théorie de Spengler. Deux pôles déterminent la pensée de Madách : d'une part, un sentiment profond d'aliénation, qui l'apparente aux romanciers russes de son temps ; de l'autre, un intérêt tourmenté pour les questions que l'homme doit affronter comme individu et comme être social.
Madách avait un penchant inné à la mélancolie, mais ce sont ses expériences qui l'ont amené à adopter une vision sombre du destin humain. Né à Alsósztregova d'une famille noble, ri […]
