1. Nature des prélèvements et techniques de la politique fiscale
• Double nature des prélèvements obligatoires
Éléments indispensables au bon fonctionnement démocratique des États modernes, les prélèvements obligatoires (impositions de toute nature et cotisations sociales selon la distinction opérée par l'article 34 de la Constitution de la Ve République) se caractérisent par leur double nature, juridique et économique. Au plan juridique et selon la formule de Michel Bouvier, ils procèdent du pouvoir de contrainte dont l'autorité étatique est légalement détentrice. Ce pouvoir s'exprime dans le droit fiscal, qui s'articule autour d'un ensemble de règles dont la combinaison détermine la portée des contributions et que la politique fiscale modifie afin de donner une forme concrète aux options dont elle procède. Le champ d'application d'un prélèvement s'apprécie à partir de trois éléments généraux : le redevable de l'impôt qui peut être une personne physique ou une entreprise, le fait générateur qui est donné par l'élément ou l'évènement déclencheur de l'imposition et la matière imposable qui est évaluée lors de l'établissement de l'assiette. Ensuite, la liquidation consiste à calculer la dette fiscale du redevable à partir d'un tarif constitué généralement d'un taux ou d'un barème de taux, et le recouvrement comprend l'ensemble des opérations aboutissant au paiement de la contribution : prélèvement à la source ou paiement spontané. Enfin, des règles de contrôle et de sanction viennent compléter cet édifice.
D'un point de vue économique, il faut distinguer la nature macroéconomique des prélèvements de leur incidence sur les variables microéconomiques. L'impôt soustrait du pouvoir d'achat aux agents privés de sorte que d'un point de vue macroéconomique, il exerce une influence sur l'activité économique globale et modifie la distribution des revenus, les choix d'épargne, d'investissement ou de consommation.
Quant à l'incidence des contributions sur les variables économiques, elle […]
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