5. Immunités locales
• Le concept d'immunité locale
La réponse immunitaire d'un organisme à un antigène de l'environnement dépend de la voie d'introduction de la substance antigénique. Injectée par voie sous-cutanée, une molécule protéique pourra déclencher la production d'anticorps spécifiques. Introduite dans la peau par voie intradermique, cette même protéine induira une réaction d'hypersensibilité de type retardé. Enfin, administrée par voie orale, elle pourra au contraire entraîner la production d'anticorps au niveau des muqueuses, ou encore une tolérance immunitaire spécifique, définie par l'absence de réaction d'hypersensibilité et de production d'anticorps sériques.
C'est à Besredka, chercheur russe travaillant à l'Institut Pasteur de Paris sous la direction de Metchnikoff, que l'on doit le concept d'immunité locale, initialement décrit comme immunité tissulaire ou « immunité sans anticorps ». Besredka avait démontré l'effet protecteur de l'administration orale du bacille de Shiga, agent de la dysenterie, et la possibilité de protéger le cobaye par inoculation intradermique, mais non souscutanée, du bacille du charbon. Pour Besredka, « chaque virus a son organe et chaque organe a son immunité ». Ce concept fut ensuite étendu à l'immunité contre le cancer, lors d'expériences où Besredka montra que l'inoculation intradermique de cellules de sarcome chez la souris aboutissait à la guérison de la tumeur, tandis que l'injection sous-cutanée du même nombre de cellules tumorales induisait un cancer de forme extensive et rapidement mortelle.
C'est au cours des dernières années que le concept d'immunité locale, longtemps critiqué, a pris une place importante dans l'étude des mécanismes immunologiques de protection de l'organisme. Les expériences chez l'animal et l'étude de la pathologie humaine ont montré que les revêtements cutanés et muqueux ne fonctionnaient pas seulement comme des barrières empêchant la pénétration d'agents infectieux et de macromolécules. Ces revêtement […]
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