7. Lecture et interprétation : le radiodiagnostic
Rien ne s'oppose en théorie à ce qu'un jour l'œil du robot soit capable de lire et d'interpréter en expert, parfois, l'image médicale. Le savoir est de plus en plus « informatisé » et divisé, mais il est peu probable que la synthèse des maux dont souffre un homme puisse être faite par la machine. Le maître mot de l'imagerie demeure en effet son « interprétation », autour de laquelle gravitent les connaissances du « lecteur » aussi bien que les hypothèses particulières issues du patient examiné.
La réflexion clinique relie les symptômes, et doit compter avec une problématique de l'intégral, quitte à gommer abusivement parfois les particularismes. À l'objectivité excessive d'une lecture automatique risque ainsi de s'opposer, dans certains cas, une interprétation orientée.
L'imagerie nouvelle aggrave encore la difficulté : depuis une dizaine d'années, les différences d'opacité (du noir au transparent) sont codées sur 500 à 4 000 niveaux de « gris » (de 9 à 12 bits) alors que l'œil ne peut observer avec un bon contraste que de 60 à 100 niveaux (de 6 à 7 bits). On ne peut plus parler d'une image de scanner ou d'I.R.M., mais d'une pile de structures qu'il faut explorer l'une après l'autre au moyen d'une fenêtre acceptable. On parle constamment en scanographie de « fenêtre os », de « fenêtre pulmonaire », etc., correspondant chacune à un réglage différent de la console de visualisation.
Prenons un exemple simple : un homme de cinquante ans a mal au dos. La radiographie conventionnelle réalisée sur un film de dynamique limitée (100 niveaux de gris) ne montre que le squelette mais peut être « lue » devant une quelconque source lumineuse : négatoscope médical, lampe, voire lumière du jour. Le scanner de la vertèbre douloureuse doit être lu sur la console avec plusieurs fenêtrages (fig. 5). Un examen en fenêtre « tissus mous » peut montrer l'absence de hernie discale et effacer l'image d'une métastase cancéreuse qu'aurait révélée un fenêtrag […]
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