5. Imagerie par résonance magnétique (I.R.M.)
Immédiatement après la découverte de Bloch et Purcell, la résonance magnétique nucléaire (R.M.N.) devint un instrument privilégié en chimie organique. Elle donnait des renseignements inégalables sur la structure des molécules, les liaisons chimiques ou le taux de réaction des substances examinées. Un an à peine après la découverte, Bloch tenta une application biologique : en 1948, il introduisit un doigt dans la bobine de son spectromètre et reçut un signal R.M.N. Il restait à coder le signal dans l'espace pour en faire une image. Un Français, Gabillard, faillit trouver la solution en 1950, mais abandonna son approche. C'est en fait en 1969 que l'idée vint à un professeur de la faculté de médecine de New York, Damadian, de tenter de voir le cancer par imagerie R.M.N. Le premier, il comprit que la localisation spatiale était le concept crucial et il proposa une solution de balayage peu efficace mais possible dans une série d'articles publiés en 1971 par la revue Science. Dès cette date, avec une étonnante prescience, Damadian écrivait : « De tels détecteurs constitueront un équipement standard dans les hôpitaux et les cliniques. ». Ce concept révolutionnaire, proposé par un intrus, un médecin, fut rejeté avec violence par le milieu de la chimie physique. On montre encore dans certains laboratoires la lettre d'un « expert » du C.N.R.S. qui affirmait en 1972 l'impossibilité de ce type d'imagerie. On relit avec étonnement les déclarations de savants professeurs jurant que la R.M.N. parviendrait tout juste à montrer les pépins d'un grain de raisin. Cependant, à travers d'incroyables difficultés, Damadian entreprenait la réalisation d'un aimant supraconducteur qui devait aboutir en 1977 aux premières images du thorax humain. Certes, dès 1976, des physiciens à l'esprit plus ouvert avaient obtenu des images de petits objets. Lauterbur avait défini la méthode de localisation par « gradients » de champ. Mansfield mit au point en Angleterr […]
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