2. Scanner X
Vers la fin des années 1960, un médecin neurologue américain, le Dr Oldendorf, cherchait désespérément à obtenir une image directe du cerveau par rayons X. Sur le plateau d'un phonographe, il avait disposé des objets de densité différente et démontré que l'on pouvait déterminer leur position sur ce plateau à partir d'un nombre suffisant de projections. Oldendorf touchait presque à la solution, mais il lui manquait la technologie et un appui industriel : en radiologie, il est peu de génies solitaires. En Angleterre, à la même époque, un autre neuroradiologiste, Ambrose, rencontrait à un repas d'universitaires un ingénieur et physicien, Hounsfield, et lui soumettait le même problème. On connaît la suite, et le développement du premier scanner par la firme E.M.I., qui n'avait rien à voir avec la médecine, et qui ne put, par la suite, lutter contre les géants du matériel d'imagerie. Mais cette histoire est exemplaire à plus d'un titre : ce sont deux médecins qui eurent l'idée initiale de la recherche (beaucoup pensent d'ailleurs qu'Oldendorf a été injustement écarté des honneurs). Celui des deux qui a pu rencontrer l'ingénieur capable de répondre à sa demande a gagné la course – mais pas le prix Nobel. Comme dans presque toutes les inventions médicales, un contact interdisciplinaire a été le révélateur. Il s'est heureusement associé au génie d'un Hounsfield, mais ce dernier n'a pu développer l'invention imprévue que dans la liberté d'un laboratoire où l'on acceptait des recherches non planifiées.
Par une schématisation malheureuse, cet appareil de « computerized tomography » (C.T.) est devenu en France le « scanner ». Le nom savant de tomodensitomètre n'est guère employé dans le public. Les tentatives académiques pour imposer scanographe ou scanneur n'ont guère réussi hors des ministères. Comme il existe beaucoup de « scanners », l'usage est aujourd'hui d'ajouter le X (de rayons X), qui marque sa particularité.
Le principe du scanner X tient en deux temps : analyse multi-angula […]
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