Née à Vienne le 1er novembre 1921, épouse de Günter Eich, Ilse Aichinger terminait sa scolarité au moment de l'Anschluss. Établie en République fédérale, elle ne cessera, dans son œuvre, de témoigner de cette déchirure. En 1948 paraît Le Grand Espoir (Die grössere Hoffnung) dont le personnage principal, Ellen, est une adolescente juive dont la mère a émigré et dont le père s'est mis au service du national-socialisme. Le rêve d'Ellen, qui a décidé de porter l'étoile juive, bien que n'y étant pas forcée, reste l'émigration. Mais ce grand espoir sera déçu ; Ellen n'échappera à ce monde en plein affrontement que par le suicide. On peut à peine parler de roman à propos de cette œuvre où l'intrigue est mince et où l'actualité n'est qu'un prétexte permettant d'évoquer la Menace, métaphysique, qui pèse sur l'homme, l'angoisse du fugitif et de son persécuteur.
Un nouveau pas est franchi en direction de ce « monde intermédiaire » à mi-chemin de la réalité et du rêve, avec le Discours au pied de l'échafaud (Rede unter dem Galgen) paru en Autriche en 1952, publié en 1953 en Allemagne fédérale sous le titre L'Homme enchaîné (D […]
