Né au Liban, Iliya Abū Mādhi part à Alexandrie en 1902 pour y faire ses études, puis s'installe à New York, où il reste jusqu'à sa mort. Homme d'affaires, il devient en même temps l'un des principaux représentants de l'école de l'émigration (al-Mahjar). Cette école de l'exil groupe des écrivains qui, coupés du monde arabe et plus ouverts aux influences européennes et américaines, achèvent l'œuvre de rénovation commencée par Shawqī, Ḥafiz Ibrahīm, Khalīl Muṭrān, Zahāwī et Ruṣāfī. C'est ainsi qu'Amīn Raīḥānī (1876-1940) compose des poèmes en vers libres inspirés de Walt Whitman. Fawzī Ma‘lūf (1899-1930) écrit, au Brésil, une épopée en seize chants. Djabrān Khalīl Djabrān (mort en 1931) aborde, sous l'influence de Nietzsche, le thème de la révolte dans des poèmes en prose qui imitent le verset biblique. Abū Mādhi, lui, tout en respectant le cadre classique de la qaṣīda, exprime des thèmes romantiques. Il publie son premier dīwān au Caire en 1911. En 1927 paraît à New York le recueil Rivières (Jadāwil), qui est réédité par la suite dans les pays arabes. Quelques années plus tard, il compose Les Bosquets (Al-Khama'il). Dans ces deux dernie […]
