2. Histoire d'un manuscrit
Le prince A. I. Musin-Puškin (1744-1817), grand amateur d'antiquités russes, fit connaître le Slovo dont il dit avoir acquis le manuscrit vers 1790 : un de ses agents l'avait acheté à l'archimandrite Ioïl' qui avait été à la tête du monastère du Sauveur à Jaroslavl'.
Musin-Puškin établit le texte et le traduisit en russe moderne. Plusieurs copies circulèrent dont l'une fut remise à Catherine II. Le Slovo fut finalement publié en 1800 avec sa traduction et des notes. Quant au manuscrit, il disparut dans l'incendie de Moscou en 1812.
Le texte du Slovo tranchait sur les chroniques du Moyen Âge russe par ses qualités poétiques. On en fit l'ancêtre des lettres russes et cela explique sa fortune ultérieure : au xixe siècle, il fut retraduit et adapté par Žukovskij, Pouchkine, Kozlov, Majkov, et, surtout, inspira l'opéra de Borodin, Le Prince Igor, achevé par Glazunov et Rimski-Korsakov et représenté pour la première fois à Saint-Pétersbourg en 1890. En Union soviétique, le Slovo était considéré comme l'un des monuments de l'histoire et de la littérature russes.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



