« J'étais fasciné par la confiance des rationalistes à pouvoir donner une nouvelle forme au monde entier, en même temps j'étais effrayé par l'idéologie de la machine. » Ces propos confiés peu de temps avant sa mort par Ignazio Gardella à Antonio Monestiroli révèlent les positions doctrinaires de l'architecte italien au terme d'une longue carrière.
Né le 30 mars 1905 à Milan, dans une famille génoise d'architectes et d'ingénieurs, Gardella obtient le diplôme d'ingénieur en 1931. « Ce choix, a-t-il déclaré, m'a libéré de ce mythe de la technique à la racine du Mouvement moderne qui a conditionné beaucoup d'architectes. Car il faut dire que la technique fascine toujours ceux qui n'en connaissent pas bien la logique. » Milan constitue son milieu culturel de référence : dès les années de lycée, il se lie d'amitié avec Luchino Visconti ; il fréquente les principaux architectes et artistes milanais de l'époque : Giuseppe Terragni, Pietro Lingeri, Franco Albini, Pietro Bottoni, le groupe BBPR, Mario Figini et Luigi Pollini, les plasticiens Lucio Fontana, Fausto Melotti, dont il partage les idées et le travail.
Gardella commence à travailler en 1930 dans l'agence de son père. […]
