Médecin hongrois qui, avant Pasteur, établit les règles actuelles d'hygiène médico-chirurgicale et lutta contre les germes responsables de l'hospitalisme. Venu à Vienne étudier le droit, il assiste à l'hôpital de cette ville à l'autopsie d'une jeune femme morte de fièvre puerpérale. Cette visite décide de sa vocation.
Docteur en médecine en 1844, il est nommé assistant à l'une des deux cliniques de la maternité de l'Hôpital général de Vienne, dirigé par le professeur Johann Klein. Ayant remarqué que, dans la clinique réservée à l'enseignement, la mortalité est quatre fois plus forte que dans celle réservée aux sages-femmes, il étudie l'épidémiologie de la maladie (milieu social, alimentation, blanchiment identiques dans les deux cliniques) et découvre le processus infectieux : les médecins et les étudiants autopsient les cadavres et deviennent par la suite des vecteurs de germes ; la nécessité d'une asepsie rigoureuse obtenue non par le simple savon, mais par le chlorure de chaux : la mortalité tombe, dans sa clinique, de 18 à 1,20 p. 100.
Toute sa vie, Semmelweis luttera, pour exposer et défendre sa découverte de l'asepsie, contre l'hostilité du professeur Klein ou l'indifférence des milieux étrangers, car cette étiologie s'oppose aux dogmes enseignés.
Il souhaite désespérément faire connaître en Europe sa découverte et les résultats obtenus, mais il se heurte à la conspiration du silence ou à la raillerie, ce dont il souffre profondément. En 1861, il publie Die Ätiologie, der Begriff und die Prophylaxis des Kindbettfiebers, important ouvrage dans lequel il expose la théorie, l'historique, les statistiques et la clinique de la fièvre puerpérale, causée, dit-il, par un agent externe, tandis que Virchow attribue son étiologie à la montée du lait, et d'autres aux influences météorologiques. Semmelweis écrit alors de longues lettres personnelles aux principaux accoucheurs d'Europe, résumant son livre, donnant ses résultats et, emporté par l'amertume, il les accuse d'être des assassins s'ils continuent à nier l'asepsie. Ses lettres sont tournées en ridicule. Sa raison vacille, il tient des propos incohérents au milieu de ses cours, souffre d'hallucinations. Ironie du sort, il meurt d'une infection contractée à la suite d'une blessure lors de l'autopsie d'une femme morte de fièvre puerpérale.
Jacqueline BROSSOLET
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