2. Á quoi sert l'idéaltype ?
Weber s'est appliqué à prévenir tout quiproquo concernant le sens de l'« idéalité » impliqué dans l'idéaltype. Il va de soi, tout d'abord, que celle-ci n'a aucun sens normatif ou axiologique. S'agissant par exemple de l'État, la construction d'un idéaltype permet de s'entendre sur ce que l'on désigne sous le nom d'État, dans le contexte d'un questionnement déterminé ; elle n'a rien à voir avec la représentation de ce que devrait être un État idéal. Mais il est aussi nécessaire de distinguer l'idéaltype du « générique » ou de la moyenne. La construction idéaltypique des concepts est liée à des formes de connaissance qui visent, en dernière analyse, l'intelligence du singulier dans ce qui en fait précisément la singularité, qu'il s'agisse de configurations uniques de l'histoire des civilisations (ce que l'on nommait à l'époque de Weber des « individus historiques », par exemple : la ville occidentale médiévale, le protestantisme puritain, etc.) ou de connexions causales. Pour cette raison, loin de ne retenir que les aspects communs à une série de phénomènes comparables, l'idéaltype insiste au contraire sur ce qui est le propre d'un phénomène spécifique, en forçant délibérément les contrastes.
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