6. La logique et l'idéalisme
Il est probable que l'idéalisme se sépare du réalisme en accordant au jugement la primauté sur le concept. Ce sont les concepts qui ont d'abord la charge de l'import ontologique. Admettre que le jugement définit des concepts, ou que les concepts dérivent des jugements, équivaut à définir les concepts au moyen des relations ; alors ils dépendent directement de l'activité intellectuelle et linguistique du sujet pensant, et indirectement des objets. Ce serait à ce niveau – la théorie du concept – qu'il faudrait se placer pour décider de l'idéalisme ou du réalisme en logique. La logique mathématique contemporaine, à la différence de la logique ancienne, ne comporte pas de théorie du concept. Elle est une théorie des techniques déductives et de leurs propriétés, considérées sous deux rapports, celui des significations (théorie des modèles) et celui des symboles concrets (syntaxe ou théorie de la démonstration). Avec la meilleure volonté du monde, il est difficile d'y trouver une métaphysique sous-jacente. S'agit-il de la définition de la vérité ? L'idéalisme demande une conception « cohérentiste » du vrai, entendu comme l'accord des représentations entre elles ou comme la compatibilité d'une représentation avec la représentation en général (cf. réalisme). En effet, attendu que rien n'existe en dehors de la représentation, il ne saurait être question de comparer la représentation à quelque chose d'autre qu'elle. La définition de la vérité comme cas limite de la satisfaction (Alfred Tarski, Le Concept de vérité dans les langages formalisés, 1930) n'est ni réaliste (vérité-correspondance) ni cohérentiste. La correspondance n'y est pas un rapport entre des énoncés et des faits, mais un rapport entre deux énoncés. Pour découvrir, dans la logique mathématique, des éléments susceptibles d'une interprétation philosophique éventuelle, il faut écarter les règles et les calculs (qui sont dénués d'intérêt) et considérer les théorèmes qui portent sur les syst […]
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