3. Signification et bilan
L'iconoclasme n'épuise pas la signification du siècle qui l'a vécu, mais il traduit, quand il ne la détermine pas, une mutation de l'empire byzantin. Dans l'ordre du sentiment religieux, il a porté à ses limites une sensibilité dévote typique, heureusement symbolisée par l'invention, postérieure, de l'iconostase. Dans quelle mesure a-t-il été néfaste pour l'art ? Il a moins détruit que les guerres et les cataclysmes, sans doute. Il a même favorisé délibérément les thèmes décoratifs hellénistiques et orientaux. Par contrecoup, il a préparé la renaissance macédonienne de la seconde moitié du ixe siècle. On ne peut oublier non plus qu'il a chassé vers l'Italie des peintres dont la rencontre avec les artistes locaux a été féconde (Rome : Sainte-Marie Antique). L'Église issue de Byzance continue de fêter l'anniversaire du 11 mars 843 comme un triomphe de l'orthodoxie et de la concorde des deux pouvoirs. Ses annalistes anciens reprochent certes aux Isauriens la sécession des provinces italiennes (du reste inévitable), mais le rattachement de l'Illyricum ecclésiastique au patriarche impérial (vers 733) et la composition « nationale » du concile de 754 répondaient à la grande ambition de l'Église grecque : être l'Église de l'Empire. Léon III et son fils ont droit à sa reconnaissance.
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