2. Rémission puis restauration de l'iconoclasme
Constantin V disparu (775), le grand élan n'est plus soutenu que par la garde impériale. Après s'être opposée efficacement aux « iconodules » en dispersant le concile orthodoxe des Saints-Apôtres (786), la garnison se laisse épurer par surprise par l'impératrice Irène. En 787, un concile œcuménique, réuni à Nicée, et manœuvré par le patriarche Taraise, casse l'acte de 754 et rétablit les images : elles sont déclarées légitimes par droit de tradition, et leur culte est justifié en considération de son terme théorique : le modèle. Cette doctrine fait l'unanimité des Églises, malgré la bruyante bouderie de Charlemagne (concile de Francfort, 793), qui montre à quel point la nouvelle chrétienté barbare est étrangère à ce genre de problèmes.
En 813, une accumulation de défaites militaires ramène au pouvoir l'armée, avec un empereur originaire d'Asie Mineure. Sans attendre, Léon d'Amorium fait réhabiliter les conclusions du concile de Hiéreia mais en y apportant des nuances : c'est ainsi qu'on ne parlera plus d'idolâtrie. Entre-temps, toutefois, l'Église s'est ressaisie : la génération entraînée par les patriarches Taraise (784-806) et Nicéphore (806-815) et par leur rival, Théodore de Stoudios († 826), organisateur de la résistance monastique, franchira la passe, malgré l'allant du futur patriarche Jean dit le Sorcier (837-843), le théoricien impérial. La persécution, vigoureuse sous Léon V, diminue sous son successeur Michel II (820-829) pour reprendre avec Théophile (829-842) : elle exile, tatoue, fustige, mais ne tue guère que par imprudence. Pendant ce temps, la controverse s'enlise dans un fatras pseudo-philosophique, tandis que s'exaspère la dévotion populaire. finalement, le 11 mars 843, l'impératrice régente Théodora et son conseil patronnent la réhabilitation du concile de Nicée. C'est la fin de l'iconoclasme.
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