2. Technique
Les deux grandes techniques de la peinture d'icônes, toutes deux héritées de l'Antiquité, sont l'encaustique et la détrempe. La première, qui consiste à mélanger les pigments colorés à de la cire chauffée, fut surtout utilisée aux vie et viie siècles. À partir du viiie siècle, c'est la détrempe, qui utilise des couleurs délayées dans de l'eau additionnée d'œuf, qui devient la technique habituelle de la peinture d'icônes. On connaît assez bien aujourd'hui les différentes phases d'exécution d'une icône, depuis le choix et la préparation du panneau de bois (tilleul, pin, cyprès ou autre) jusqu'à la consécration de l'œuvre achevée. Après l'application de toile encollée et d'enduits de plâtre est tracée (et parfois, tardivement, incisée) l'esquisse de la figure ou de la scène, pour laquelle le peintre peut s'inspirer de cahiers de modèles ou de guides de peintres (Manuel de Denys de Fourna, « podlinniks » russes). On applique ensuite, sur un enduit rougeâtre, le fond or, avant que ne commence la peinture proprement dite. Les pigments réduits en poudre (principalement d'origine minérale) sont délayés dans de l'eau additionnée d'œuf. En dernier lieu est inscrit le nom du saint (ou de la scène), indispensable pour authentifier la représentation. Un vernis à l'huile, responsable du noircissement de bien des icônes, était souvent appliqué pour protéger les couleurs et en rehausser l'éclat. L'icône a parfois reçu un revêtement de métal précieux (argent ou argent doré), travaillé au repoussé et soutenu par une âme de cire, décoré d'ornements floraux, de bustes de saints en médaillons ou de petites scènes et rehaussé parfois d'émaux ou de pierreries. Il peut être limité à l'encadrement ou couvrir tout le fond, voire toute la surface de l'icône, à l'exception du visage.
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