Originaire d'Alexandrie, Ibn ‘Aṭā Allāh vit et meurt au Caire. Il s'attache à l'école mystique d'al-Shādhilī et a pour maître Abū l-‘Abbās Aḥmad b. ‘Alī al-Anṣārī al-Mursī, mort en 1287. Il écrit sur l'ascétisme et le mysticisme. Son livre intitulé Al-Ḥikam al‘aṭā'iyya a été commenté par Ibn ‘Abbād al-Rundī, mort en 1394.
Il est l'adversaire déclaré du grand théologien ḥanbalite Ibn Taymiyya, qui, de son côté, accuse le mysticisme d'introduire des innovations en Islam. On a dit qu'Ibn ‘Atā' Allāh veut, en cette occasion, défendre ce maître de la mystique ésotérique qu'est Ibn al-‘Arabī al-Mursī. P. Nwyia, dans l'édition critique, avec traduction, qu'il a donnée des Ḥikam (Beyrouth, 1972), pense que ce n'est pas exact. Il s'agirait moins de doctrines que de personnes ; et, pour Ibn ‘Aṭā' Allāh, les maîtres qui s'imposent étaient Shādhilī et Mursī. Son but est justement de montrer que ces maîtres ont tous les signes de la walāya, qu'ils sont des awliyā' (pluriel de walī : « ami de Dieu », « saint »). Ces awliyā' sont « le lieu de l'épiphanie (maẓhar) de la lumière prophétique, le miroir où se reflète la […]
