Prince de Novgorod en 1010, Iaroslav montre des velléités d'indépendance à l'égard de son père, Vladimir le Grand. Sorti vainqueur des luttes fratricides qui suivirent la mort de celui-ci (1015-1019), il s'installe à Kiev, mais doit, de 1024 à 1034, reconnaître la souveraineté de son frère Mstislav sur la rive gauche du Dniepr. La politique extérieure de Iaroslav continue celle de son père : au nord, il consolide la frontière de l'État russe par la construction, en 1030, de la forteresse de Iouriev, l'actuelle Tartu en Estonie, tient en respect les tribus lituaniennes, harcèle la Pologne (1031) et, surtout, inflige une sérieuse défaite aux Turcs petchénègues (1036). En revanche, une expédition contre Byzance se solde par un échec (1034).
La postérité a, cependant, retenu essentiellement l'image du prince mécène, grand bâtisseur (la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev est élevée de 1025 à 1037), protecteur des lettres, domaine où brille son protégé, Hilarion, auteur des plus anciens sermons russes, et qu'il fait nommer, apparemment sans l'investiture du patriarche de Constantinople, métropolite de Kiev (1051-1054).
C'est sous le règne de Iaroslav — continué jusqu'en 1068 […]
