Au nombre de 432 000 lors du recensement de 2002, contre 241 000 en 1926, les Iakoutes habitent la Iakoutie, ou Sakha, où ils représentent 45,5 p. 100 de la population. Leur langue fait partie du groupe linguistique turco-tatar. D'après la tradition, ils seraient venus de la région du lac Baïkal au cours du xiiie siècle sous la pression des tribus bouriates, introduisant le cheval dont le lait constituait, comme pour beaucoup de nomades d'Asie centrale, une nourriture de base. Leur installation dans le bassin de la Léna provoqua le départ des Toungouses qui, vaincus, durent se retirer dans les parties montagneuses de la Iakoutie.
Les premiers contacts avec les Russes datent du début du xviie siècle : les marchands russes s'installent à Mangseya en 1601 et sur l'Ienisseï en 1619 ; dès la fin du xviie siècle, la Iakoutie dépend entièrement de Moscou. En 1919, deux ans après la révolution d'Octobre, le régime soviétique est instauré en Iakoutie. En 1922, la République socialiste soviétique autonome de Iakoutie est créée ; mais, jusqu'à la fin des années 1920, les tensions politiques existantes empêchent un fonctionnement normal des institutions : en 1922-1923, la Iakoutie est en révolte ouverte contre Moscou.
L'activité principale des Iakoutes est l'élevage des chevaux, qui prédomina longtemps, et des animaux à cornes, qui l'a remplacé. L'élevage du renne, répandu surtout dans le nord de la République, est pratiqué par d'autres ethnies (Tchouktches, Koryak, Lamut, Toungouses, Youkaghir) ; les Iakoutes septentrionaux se sont adaptés aux conditions arctiques en choisissant le renne comme animal domestique. Vers 1850, sous l'influence russe, les habitants du sud de la Iakoutie apprennent à cultiver le sol ; la production des céréales s'est développée rapidement depuis 1950.
Semi-nomades, les Iakoutes habitaient dans des huttes en terre pendant l'hiver, tandis que l'été ils vivaient sous des tentes de forme conique. Ceux qui s'étaient établis près des Russes ont progressivement abandonné les huttes en t […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



