3. Évolution des idées sur l'hystérie
• De l'Antiquité au Moyen Âge
Conformément à l'étymologie du mot « hystérie » (du grec ὐστέρα, matrice), et jusqu'à la fin de l'Antiquité classique, l'hystérie fut considérée comme une maladie organique, utérine, mais affectant le corps entier. Sa nature sexuelle n'était pas mise en doute et, la continence étant incriminée, le traitement recommandait, à titre de prophylaxie, le mariage pour les jeunes filles, le remariage pour les veuves ; c'est l'origine d'une conception qui, de nos jours encore, conserve un large crédit populaire.
Le Moyen Âge fut l'époque des grandes épidémies, et sous l'influence des conceptions augustiniennes liant plaisir sexuel et péché, on vit dans les manifestations hystériques une intervention du Malin ; en 1484, la bulle d'Innocent VIII institutionnalisa la lutte contre les sorcières et, dix ans plus tard, parut le Malleus maleficarum, manuel de détection des cas de sorcellerie, dont la diffusion, favorisée par la récente découverte de l'imprimerie, fut immense (trente éditions en deux cents ans). La chasse aux sorcières dura deux siècles et parmi ses milliers de victimes on ne saurait chiffrer le nombre d'hystériques qui montèrent au bûcher.
Déjà à cette époque, l'opinion médicale résistait à la conception démoniaque de l'hystérie. Au xviie siècle, Charles Lepois affirme que le siège de l'hystérie est uniquement le cerveau, et que la théorie utérine est absurde puisque la maladie peut s'observer dans les deux sexes. Parallèlement, on évoque le rôle des émotions à l'origine des troubles, Paracelse entrevoit le rôle de l'inconscient dans la pathogénie des névroses, Sydenham ébauche la première description de la personnalité hystérique.
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