« La définition de l'hystérie, disait C. E. Lasègue (1878), n'a jamais été donnée et ne le sera jamais. Les symptômes ne sont ni assez constants, ni assez conformes, ni assez égaux en durée et en intensité pour qu'un type même descriptif puisse les comprendre tous. » Un siècle a passé, l'imprécision demeure ; peu de désordres psychiques ont suscité cependant une telle curiosité, tant de recherches, de discussions passionnées. À en lire le récit, on reste confondu du ton des polémiques ; la bienveillance n'est pas de mise dans ces querelles d'écoles. C'est que l'hystérie, source d'inquiétude autant que d'irritation, défi aux lois de la médecine anatomo-clinique, insaisissable, inclassable, met en cause, plus qu'aucune autre maladie, la subjectivité de celui qui l'aborde. Avec elle jouent librement, massivement, les phénomènes de transfert et de contre-transfert. Les limites mêmes de l'affection sont difficiles à cerner. Si ses aspects typiques, spectaculaires se laissent aisément repérer, il n'en est pas de même des manifestations mineures qui se situent aux confins du n […]


