4. Retour de l'hypnose
Dans les années soixante-dix, l'hypnose et la suggestion sont revenues à l'ordre du jour. Entre autres raisons, on peut invoquer la prolifération des techniques psychothérapiques (environ 250 aux États-Unis) et l'impossibilité, constatée par des recherches américaines, de prouver la supériorité de telle ou telle de ces approches.
Il est apparu qu'il existait dans les différentes techniques un facteur d'efficacité lié à une bonne relation entre le médecin et son patient. On pourrait dire, en d'autres termes, qu'il s'agit là d'un phénomène de suggestion. Sous ce nom, on a pendant longtemps vu uniquement la domination exercée par le médecin sur son malade au moyen d'injonctions verbales. Mais il existe aussi une forme de suggestion, plus importante, qui est, selon Freud, « un phénomène originaire qu'on ne peut réduire davantage, un fait fondamental de la vie psychique de l'homme ». Cette suggestion indirecte, non délibérée, émane du patient : « Un facteur dépendant de la disposition psychique du malade influence, sans aucune intention de notre part, le résultat de tout processus thérapeutique introduit par le médecin. » « Cette attente croyante », comme dit encore Freud, n'est « ni dosable, ni contrôlable, ni intensifiable ». Mais, grâce au transfert, elle pourra être maîtrisée, interprétée, résolue. Dans la perspective rationaliste de Freud, l'affectif devait ainsi être intégralement pris en compte dans la relation, et sous le strict contrôle du cognitif.
Mais on s'est aperçu, dans la suite, que la relation comportait un élément archaïque non accessible à la verbalisation. Depuis la dernière guerre mondiale, les travaux psychanalytiques ont mis de plus en plus l'accent sur la relation mère-nourrisson, saisie au stade pré-langagier. Ils ont fait ressortir qu'elle joue un rôle crucial dans la psychopathologie future de l'enfant et, corrélativement, dans le traitement. Pour celui-ci, l'interprétation, processus intellectuel, devient moins importante que cette f […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…



