La problématique de l'hypertexte a été énoncée pour la première fois en 1945 par l'Américain Vannevar Bush (1890-1974), pionnier de l'informatique et du calcul automatique. Il proposait, sous le nom de memex, un système dans lequel un individu aurait pu stocker des documents, des textes de toutes sortes (livres, etc.) mais aussi des notes personnelles, des idées, de façon à les retrouver vite et facilement afin de les consulter en les associant librement en fonction de ses besoins.
Bush signalait que le cerveau humain fonctionne par associations et proposait de mettre en œuvre le même processus pour la gestion des documents de son système. À l'époque, celui-ci n'aurait pu être réalisé qu'au moyen d'une très complexe et lourde machine mécanique utilisant des cartes perforées. Bush avait donc défini des notions importantes, celles de lien, de nœud, mais la réalisation de son projet butait sur des obstacles technologiques.
Dès 1963, Douglas Engelbart (né en 1925), pionnier des moyens modernes de dialogue homme-machine (et futur inventeur de la souris, en 1963), reprenait à son compte, dans le cadre du Stanford Research Institute, les réflexions de Bush. Ses travaux aboutirent en 1968 à un système appelé NLS (pour on line system), première mise en œuvre effective d'un hypertexte rudimentaire. Au début des années 1970, un jeune chercheur enthousiaste, membre de la contre-culture américaine, Ted Nelson (né en 1937), conçut un système utopique appelé Xanadu (du nom du palais de rêve évoqué par Coleridge dans son poème Kubla Khan, et à sa suite par Orson Welles dans Citizen Kane). Il publia en 1975 Computer Lib/Dream Machines où se trouvent définis pour la première fois tous les concepts des hypertextes d'aujourd'hui. C'est dans cet ouvrage que se trouvent employés pour la première fois les termes d'hypertexte et d'hypermédia.
On peut définir l'hypertexte comme un système interactif qui permet de construire et de gérer des liens sémantiques entre des objets repérables dans un ensemble de documents polysémiques […]
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