2. Le passé de l'hygiène
• L'Antiquité
L'hygiène se manifeste sous une forme implicite plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Ainsi Moïse, législateur d'Israël, inclut déjà des directives de santé dans les Tables de la Loi. De même Lycurgue, dans le code de « rhêtres » ou sentences dont il dota Sparte, édicta un certain nombre de règles de vie individuelle fort strictes. Hippocrate, l'homme qui a maîtrisé toutes les connaissances médicales de son temps et sans doute celui qui les a le mieux mises en pratique, apporta à l'hygiène ses premières bases scientifiques. Ses écrits, intitulés De l'ancienne médecine, Des lieux dans l'homme. De la nature de l'homme et de la femme, Des épidémies, Du régime salutaire, sont le fruit non seulement de disciplines philosophiques, mais aussi d'une somme d'observations et d'expériences directes.
La Grèce antique avait pleine conscience des problèmes posés par la conservation de la forme physique et sacrifiait d'ailleurs à une déesse nommée Hygie, qui était la déesse de la Santé ; celle-ci n'était au début qu'une abstraction personnifiée et, pendant très longtemps, elle n'a été qu'une qualité appliquée à d'autres divinités, mais vers 500 av. J.-C., elle devint une déesse distincte toujours associée à d'autres dieux guérisseurs et tout particulièrement à Asclepios, son père, et Panacée, sa sœur ; son culte était particulièrement célébré sur les pentes sud de l'Acropole, en Attique. Hippocrate comprend la réalité épidémique des maladies infectieuses, mais il lui manque trop de renseignements sur l'élément essentiel : l'agent infectieux ; il en résulte que, dans son œuvre, l'épidémie est essentiellement une collection d'observations individuelles. S'il ne semble pas étudier le cheminement des épidémies, il s'intéresse cependant aux vents et surtout à ce qu'il appelle la « constitution », c'est-à-dire le rapport qui existe entre « les constitutions atmosphériques et les maladies régnantes ». Son Des airs, des eaux et des lieux constitue un remarquable traité d'hydroclimatologie appliquée à la médecine et à l'hygiène : « Celui qui veut approfondir la médecine doit faire ce qui suit ; il c […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 14 pages…



