3. Les chimères biologiques
• Une curiosité en biologie animale ?
Dans le monde du vivant, qu'il s'agisse d'êtres humains, d'animaux, de tissus ou de protéines, les chimères sont des hybrides, comme l'était la Chimère de la mythologie grecque, à la fois lionne, chèvre et dragon. Le terme lui-même est actuellement utilisé en biologie pour nommer des entités très diverses, survenant soit spontanément, soit du fait des nombreux artifices de la biologie moderne. Il a été introduit au début du XXe siècle par des botanistes. En biologie animale, les tritons furent sans doute les premiers animaux chimériques célèbres, puisqu'ils permirent à Hans Spemann de découvrir le phénomène de l'induction au cours de l'embryogenèse.
Expérimentalement, après les tritons, les oiseaux, avec les chimères caille-poule, constituèrent un remarquable outil d'exploration de l'ontogenèse, en particulier des migrations cellulaires au cours du développement embryonnaire du système nerveux. Puis les chimères murines, créées chez la souris par addition de cellules souches embryonnaires totipotentes allogènes dans un blastocyste en développement, ont rendu possible l'étude de l'invalidation d'un gène (par recombinaison homologue) et de ses conséquences sur le phénotype (caractères morphologiques et biologiques) de l'animal.
En thérapeutique, dans les tissus qui ont reçu des greffons médullaires allogènes, les cellules souches embryonnaires transplantées, dont on mesure à présent la totipotence, survivent et se différencient, offrant ainsi un espoir de thérapie pour de nombreuses maladies.
Enfin, lors de la fusion anormale de deux gènes par remaniement chromosomique, des protéines nouvelles, dites chimériques, peuvent agir sur le métabolisme cellulaire, dans des leucémies ou des tumeurs par exemple.
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