En musique, l'hybridation désigne des combinaisons sonores singulières, inouïes au sens propre, obtenues par mélange de sons et de timbres produits par des familles instrumentales différentes ou, depuis la fin des années 1980, en recourant à toutes les possibilités de l'électronique et de l'informatique.
On peut considérer que les techniques d'hybridation ont pour la première fois été pleinement mises en œuvre par Hector Berlioz, qui est le véritable « inventeur d'orchestre » de la musique occidentale et dont la technique compositionnelle allie de manière consubstantielle le timbre avec l'idée musicale. À sa suite, il faut citer Richard Wagner, Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov et Claude Debussy, qui ont fait preuve d'une magistrale inventivité dans le traitement de leurs orchestres. Puis, l'exploration de l'univers des attaques et des résonances par superposition de timbres a donné lieu à l'apparition de nouvelles hybridations signées Gustav Mahler, Maurice Ravel, Arnold Schönberg, Béla Bartók, Igor Stravinski, Anton von Webern, Edgar Varèse... Il faut également mentionner les bruitistes italiens, au premier rang desquels Balilla Pratella et Luigi Russolo.
Depuis le milieu du xxe siècle, l'hybridation est étroitement liée au concept de synthèse sonore ; elle a donné lieu à trois approches spécifiques. La première, issue de la musique concrète – dont on situe la naissance en 1948, avec Étude aux chemins de fer de Pierre Schaeffer –, consiste à élaborer des objets sonores composites, souvent par synthèse additive de signaux sinusoïdaux dont la fréquence et l'amplitude sont contrôlées. La deuxième procède par superposition de sons instrumentaux « classiques » et de sons synthétiques : un des exemples les plus célèbres demeure la version pour piano, percussions et sons électroniques enregistrés sur bande magnétique de Kontakte, de Karlheinz Stockhausen (1960). La troisième se sert des techniques numériques afin de mélanger – ce qui était impensable avant l'apparition d'outils informatiques performa […]
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