3. La nature du chlore
Lavoisier avait supposé que tous les acides contenaient de l'oxygène, bien qu'il n'en ait pas trouvé dans l'acide « muriatique » (l'acide chlorhydrique actuel). Le gaz verdâtre préparé par Scheele à partir de l'acide muriatique était pour lui un oxyde supérieur, l'acide « oxymuriatique ». Berthollet fit sienne cette doctrine lors de ses importants travaux sur cette substance ; ses élèves Gay-Lussac et Thénard adoptèrent également ce point de vue lorsqu'ils étudièrent, en 1809, l'acide muriatique. Ils déclarèrent toutefois que certains faits expérimentaux s'expliqueraient très bien si l'acide oxymuriatique était un élément et l'acide muriatique son hydrure. Davy se fit, en 1810, l'interprète de leurs expériences et des siennes propres, démontrant que l'oxygène n'était jamais libéré par ces substances en l'absence d'eau, qui contient précisément de l'oxygène. Il donna donc le nom nouveau de chlore à l'acide oxymuriatique et attribua l'acidité, non pas à la présence d'un élément particulier, mais à des « combinaisons particulières de la matière ». Il résuma ses recherches dans son traité Elements of Chemical Philosophy (1812), puis, malgré la guerre, effectua un voyage en France (1813). Ampère, Clément et Desormes lui montrèrent une substance cristalline qui, chauffée, émettait des vapeurs violettes. Il reconnut vite les analogies qu'elle présentait avec le chlore – c'était l'iode – et prit de vitesse Gay-Lussac dans la détermination de ses propriétés. Les idées de Davy sur la nature du chlore furent difficilement acceptées, Berzelius étant l'un des derniers convertis. Davy fit ensuite des recherches sur le diamant et le charbon, qui le convainquirent de l'identité chimique de ces derniers et de ce que les différences de leurs propriétés physiques devaient également résulter d'arrangements différents des particules.
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