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HUIT ET DEMI, film de Federico Fellini

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Federico Fellini (1920-1993) a commencé en tant que cinéaste-chroniqueur, montrant des portraits attachants de la province italienne Les Vitelloni (I Vitelloni, 1953). Ensuite, le succès mondial de La Strada, 1954, mélodrame inoubliable, en fit une vedette que l'on rattacha au courant peu défini du « néo-réalisme ». Puis La Dolce Vita, en 1960, autre succès mondial, largement fondé sur le malentendu du scandale et centré sur un jeune reporter falot qui nous guide dans la Rome de la haute société, associa le nom de Fellini à de vastes chroniques de la décadence. Personne ne pouvait s'attendre à ce film intime, privé, que fut Huit et demi (Otto e mezzo), qui définitivement fit de la signature du maître la garantie d'appartenance à un genre en soi, le genre fellinien.

1.  « Cette confusion, c'est moi »

En pleine crise d'impuissance créatrice et de passage de la quarantaine, à la veille d'un nouveau film très attendu, Guido Anselmi, réalisateur en vogue, subit les pressions de son producteur, d'un impitoyable écrivain français pressenti comme co-scénariste, de « ses femmes » (son épouse, sa maîtresse, la femme idéale dont il rêve pour son film), et de ses collaborateurs, et pour temporiser il enchaîne les auditions et les consultations, sans rien décider. Il suit en même temps une cure thermale dans une ville d'eaux, où il reçoit toutes sortes de visites et parfois s'évade dans des rêveries et des souvenirs : soit dans des images d'enfance idéalisées ou fascinantes (un collège catholique), soit dans des visions culpabilisantes (les parents morts), ou déculpabilisantes (un « harem » où il pourrait ne pas avoir à choisir entre toutes ses femmes). Finalement, il renonce à faire le film et mime un suicide sur le décor de son tournage, avant de réconcilier son chaos et ses personnages dans une joyeuse et mélancolique parade générale, où figure, jouant du fifre, l'enfant qu'il fut.

2.  Projection d'un retour sur soi-même

Après une Dolce Vita qui conservait encore une forme narrative, le réalisate […]

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« HUIT ET DEMI, Federico Fellini » est également traité dans :

FELLINI FEDERICO (1920-1993)

Écrit par :  Gérard LEGRAND

Dans le chapitre "Le tournant de « La Dolce Vita »"  : …   »), constitue tout à la fois pour Fellini une riposte à l'hypocrisie régnante et une autocritique. *Avec Huit et demi (1963), Fellini assume (et donc extériorise plus directement) certaines de ses hantises : le spectacle, ce n'est plus la Rome de la jet set ; c'est le cinéma lui-même. On perçoit, dans ce film volontairement « … Lire la suite

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