D'origine inconnue, peut-être saxonne, peut-être flamande, Hugues dut entrer chez les chanoines réguliers de Saint-Victor de Paris peu après la fondation de ce monastère. Il y fut certainement reçu avant l'année 1127, car son nom apparaît à cette date au bas d'une charte de l'abbaye. Quoi qu'il en soit, Hugues ne devait pas tarder à devenir la personnalité la plus marquante de l'école, qui avait été annexée, dès le début du xiie siècle, à l'abbaye de Saint-Victor. Ses contemporains l'ont considéré comme le plus grand théologien de leur temps et lui ont donné le titre glorieux de « nouvel Augustin ».
L'œuvre qu'il a laissée est considérable. À l'exception de quelques traités réédités, elle n'est malheureusement accessible que dans des éditions très défectueuses, dont celle de Migne (Patrologia latina, t. CLXXV-CLXXVII, Paris, 1854), qui ne fait d'ailleurs qu'en reproduire de plus anciennes, mêle des ouvrages authentiques à d'autres qui ne le sont pas et en néglige d'importants. Telle que nous la connaissons, cependant, l'œuvre de Hugues témoigne de l'extraordinaire curiosité intellectuelle et de la vaste culture de ce maître, qui recommandait à […]
