On ne peut évoquer le président vénézuélien Hugo Chávez sans faire référence « aux nouvelles gauches » latino-américaines et, plus encore, à l'opposition entre gauches de rejet et gauches de gouvernement, entre régimes autoritaires et gouvernements démocratiques. L'une des caractéristiques majeures du personnage est en effet la polarisation qu'il exerce sur les opinions publiques, au Venezuela comme à l'extérieur des frontières nationales. Dictateur d'inspiration néo-populiste pour les uns, sauveur du continent latino-américain pour les autres, l'inspirateur de la « « révolution bolivarienne » » s'inscrit en fait dans un processus historique voire géopolitique qui dépasse désormais le strict cadre national, surtout si l'on se place sur le plan des relations « hémisphériques » avec les États-Unis.
Né le 28 juillet 1954 à Sabaneta, dans les llanos – plaines du piémont andin – au sein d'une famille d'enseignants, Hugo Rafael Chávez Frías entre à l'Académie militaire grâce à ses dons pour le base-ball. Il en sort avec le grade de sous-lieutenant, licencié en sciences et arts militaires. Puis, comme nombre de jeunes officiers, il poursuit une formation supérieure, en s'inscrivant notamment en maîtrise de science politique à l'université Simón Bolivar de Caracas. À la différence de ses voisins, minés par des dictatures, le Venezuela connaît un certain équilibre institutionnel depuis la chute du dictateur Marcos Pérez Jiménez et le pacte de Punto Fijo passé en 1958 entre les principaux partis. L'ébranlement de cet équilibre au début des années 1980, sous l'effet des dérèglements économiques et financiers que connaît alors le pays, détermine une prise de conscience chez les jeunes officiers : le 17 décembre 1982, Hugo Chávez fonde le mouvement bolivarien qui n'est, à ses débuts, qu'une loge militaire clandestine, l'Armée bolivarienne révolutionnaire-200. Devenue Mouvement bolivarien révolutionnaire-200 (M.B.R.-200) après la révolte populaire du 27 février 1989 (Caracazo) et la répr […]
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