Le mot espagnol huerta vient du latin hortus, jardin ; c'est bien une agriculture jardinatoire qui caractérise d'ordinaire les plaines irriguées du pourtour de la Méditerranée. Leur importance est très variable : simples conques au débouché d'un torrent, petites plaines comme celle de Fondi entre Rome et Naples, grandes étendues alluviales. Le plus bel ensemble de huertas est celui du Levant espagnol : autour de Valence, de Murcie, d'Alicante et, plus au sud, en Andalousie autour de Motril, dont la richesse est fondée sur la canne à sucre.
On distingue la zone des cultures (huerta au sens strict) et les secteurs de céréales irriguées (vega). En réalité, des interférences existent et les cultures spéculatives modernes prennent de plus en plus de place. L'irrigation par puits reste individuelle car on reconnaît l'usage de l'eau profonde à celui qui l'a trouvée sur sa terre. Cependant, l'irrigation collective prédomine, soit à partir de barrages, soit par dérivation. Un véritable code coutumier de l'eau a été élaboré et reconnu par les huertanos. Les seigneurs autrefois, les collectivités de propriétaires aujourd'hui règlent méticuleusement […]
