3. De gigantesques défluviations
Il en est résulté de nombreuses défluviations dans la Plaine du Nord, où le cours inférieur du fleuve a emprunté au cours de l'histoire quinze tracés différents, divergeant à partir de la région de Kaifeng, pour atteindre la mer tantôt au nord et tantôt au sud de la péninsule du Shandong (le déplacement de l'embouchure de la Seine entre Le Havre et Bordeaux donnerait l'échelle du phénomène). Ainsi, en 1851, une brèche à 50 kilomètres en aval de Kaifeng laisse échapper le fleuve selon son tracé actuel alors qu'il coulait vers le sud depuis 1324. En 1887, une rupture de digue plus en amont provoque l'inondation de plus de 15 000 kilomètres carrés (un million de victimes) et le fleuve gagne la rivière Huai au sud, et même le Yangzi par le Grand Canal. Il est rétabli dans son cours septentrional en 1889. L'artillerie de l'armée nationaliste fait sauter les digues près de Zhengzhou en 1938 pour tenter d'enrayer l'avance japonaise : 50 000 kilomètres carrés sont envahis par les eaux, qui font neuf cents mille victimes et six millions de sinistrés, et le fleuve gagne à nouveau la mer par la Huai, pour ne retrouver son cours actuel qu'en 1947.
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