Né à Bruyères, dans l'Aisne, issu d'une famille d'agriculteurs, Arsène Houssaye joua un rôle important à son époque par une production littéraire abondante et fort diverse, mais surtout par son rôle et son influence sur la vie artistique du xixe siècle.
S'étant sauvé de chez lui à l'âge de dix-sept ans, il gagne Paris et fréquente l'impasse du Doyenné. En 1843, il devient directeur de L'Artiste où collaborent ses anciens compagnons de bohème : Gautier, Nerval, Esquiros, entre autres. Il se flattera d'y accueillir, ainsi que plus tard à La Presse dont il sera également directeur, nombre de jeunes talents ; Théodore de Banville, Henri Murger, Charles Monselet, Champfleury et Baudelaire débuteront effectivement sous son égide.
Le rôle de ces revues fut important, non seulement parce qu'on y trouve les noms les plus prestigieux de plusieurs générations d'écrivains, mais parce qu'elles furent un centre constant d'échanges entre artistes et de réflexion critique. Directeur éclairé de revues d'avant-garde, Arsène Houssaye n'en obéira pas moins à bien des impératifs commerciaux. Baudelaire devra attendre deux années avant de voir imprimer son premier manuscrit, et une triste querelle opposera les deux hommes en 1862 à propos des Petits Poèmes en prose qui paraissent en feuilleton dans La Presse. Houssaye accusera le poète de lui avoir livré des textes déjà publiés, reproche recouvrant en fait la peur de choquer les lecteurs par les « audaces » de certains poèmes que Baudelaire se refuse à supprimer. Il s'ensuivra une rupture de contrat d'autant plus navrante que le poète, à la fin de sa vie, se trouve moralement épuisé et dans une situation financière précaire.
Houssaye collaborera aussi de façon intermittente à La Revue des Deux Mondes et à La Revue de Paris (« Galerie de portraits du xviiie siècle »).
En 1848, il participe au mouvement réformateur qui précède la révolution, harangue picards et champenois au fameux banquet des étudiants ; il se présente aux élections législatives dans le département de […]
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