Le travail à la houe fait encore vivre des centaines de millions d'hommes. Il est universellement répandu bien que certaines civilisations rurales n'aient jamais connu cet outil (les îles du Pacifique par exemple). Entre le bâton à fouir et la charrue, la houe paraît représenter un stade de transition : on connaît, en effet, des houes en forme de bâtons recourbés (Abyssinie) ou fourchus (Hack de la Suède ancienne). Les ethnologues s'accordent pourtant à penser que les houes forment une famille originale de l'outillage humain. Le bâton à fouir et ses dérivés caractérisent bien la zone tropicale humide, où les racines, les tubercules, le maïs tiennent la première place ; durci par le feu, armé d'un fer, il permet de planter en poquets (plusieurs graines dans un même trou) isolés dans des champs mal nettoyés de leur végétation. La houe est, au contraire, l'instrument de culture des millets et des sorghos sur les sols légers. (On peut signaler une forme de transition apparente : l'iler du Sénégal septentrional ; c'est un fer en forme de croissant que l'on pousse devant soi.) La houe existe dans toutes les agricultures jardinatoires d'Europe et d'Asie. Aux Philippin […]
