4. Une religion imparfaitement connue
L'ancienne religion hottentote n'est connue que par des informations fragmentaires. Les ancêtres n'étaient invoqués qu'en de rares occasions, près de leur tombe. Les défunts étaient redoutables car ils apportaient la maladie et la mort.
La nouvelle lune était saluée par des chants, des danses et des prières. Le culte principal honorait Tsui//goab héros créateur, dispensateur de la pluie. Une fois par an les Nama lui offraient un sacrifice solennel, aux rites symboliques : le feu devait être éteint par du lait et de l'eau coulant vers un fleuve comme le ferait la pluie, et la fumée épaisse représentait les nuages espérés. Un autre être surnaturel, //Gaunab, source du mal, infligeait souffrances et malheurs avec la collaboration des sorciers.
L'eau avait un rôle ambivalent : rare et indispensable, elle était utilisée rituellement comme protection contre les infortunes ; menaçante, elle mettait en danger ceux qui se trouvaient dans une situation critique. Les malades, les accouchées, les personnes en deuil ne pouvaient la toucher sans risque de mort : tous devaient se retirer dans leur hutte et abandonner pour un temps les soucis de la vie quotidienne. Un festin solennel les introduisait dans leur nouvel état de santé, de maternité, de puberté, de mariage (ou remariage) et l'usage de l'eau leur était permis de nouveau. À la naissance, le bébé, après la perte du cordon ombilical, était exposé à la pluie, afin qu'il se familiarise avec l'origine de l'eau. Les filles devaient courir nues sous la première pluie survenant après leur puberté, afin d'assurer leur fertilité future.
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