
Entré dans la marine à l'âge de douze ans, Horatio Nelson prend part à la guerre d'Amérique, puis il est affecté en 1793 à l'escadre de l'amiral Hood engagée contre la France en Méditerranée. C'est là, lors du siège et de la prise de Calvi, qu'il perd l'œil droit. Trois ans plus tard, à la bataille du cap Saint-Vincent, Nelson, qui commande le Captain sous les ordres de Jervi, prend à l'abordage deux vaisseaux espagnols et gagne ses galons de contre-amiral. Puis, c'est, en juillet 1797, l'échec devant Santa Cruz de Tenerife, où Nelson a le bras droit emporté. En 1798, Nelson est chargé de couper la route à la flottille française qui emmène Bonaparte en Égypte. Mais partout elle lui échappe : à Malte, à Candie, à Alexandrie même. Enfin, le 1er août, en rade d'Aboukir, Nelson attaque et détruit la flotte française ; l'amiral Brueys, qui le commande, est tué. Il vient d'enlever à la République sa dernière escadre et de couper à Bonaparte le chemin du retour. De là, Nelson se rend à Naples en proie aux révolutionnaires qui veulent renverser le roi Ferdinand IV. On lui reproche beaucoup la répression féroce pour rétablir la monarchie, permise par la reine Marie-Caroline, et sa favorite, lady Hamilton, avec laquelle il noue une liaison.
Rappelé par le gouvernement anglais, il conduit, en qualité de vice-amiral, la flotte britannique devant Copenhague où il anéantit la flotte danoise. Puis il reprend la lutte contre la France. C'est lui qui barre la route de la Manche à Napoléon qui, de Boulogne, voulait débarquer en Angleterre pour trancher le nœud de la coalition.
C'est lui qui poursuit en Méditerranée l'escadre commandée par l'amiral de Villeneuve. Indécis, persuadé de son infériorité, celui-ci se laisse bloquer dans le port de Cadix avec une escadre espagnole. Malgré les ordres de l'Empereur, Villeneuve sort pour affronter l'ennemi. Le 21 octobre 1805, au large du cap de Trafalgar, Nelson rencontre les deux flottes française et espagnole, toutes deux mal armées, mal encadrées et peu manœuvrières. Après avoir galvanisé ses équipages (« L'Angleterre compte que chacun fera son devoir ! »), l'amiral fonce sur l'ennemi en deux colonnes, fort de ses sept vaisseaux à trois ponts contre quatre. Grièvement blessé sur le pont du Victory, Nelson apprend, avant de mourir, que sa patrie est victorieuse. Les trente-trois vaisseaux de l'escadre franco-espagnole sont capturés ou en fuite. Villeneuve est prisonnier. La France n'a plus de marine et la patrie de Nelson demeure vraiment maîtresse des mers.
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