« Pour définir M. Horace Vernet d'une manière claire, c'est l'antithèse absolue de l'artiste ; il substitue le chic au dessin, le charivari à la couleur et les épisodes à l'unité ; il fait des Meissonier grands comme le monde » (Salon de 1846). Horace Vernet ne s'est pas encore relevé des fureurs de Baudelaire. L'éreintage est à la mesure du succès que connut le peintre, mais l'injustice est évidente. On ne reproche pas à Luca Giordano son fa presto et Horace Vernet reste, qu'on le veuille ou non, le plus rapide, le mieux doué des imagiers d'un siècle dont les conquêtes et les expéditions militaires alimentèrent le besoin d'exotisme.
Héritier talentueux d'une dynastie de peintres tout-puissants, d'un tempérament enthousiaste et énergique, Horace Vernet brûle les étapes du succès. Il n'a point besoin du prix de Rome pour être élu à l'Institut en 1826, diriger la villa Médicis de 1828 à 1835, s'installer comme le narrateur officiel des gloires de tous les régimes, tout en restant le libéral qu'il fut sous la Restauration. Sa formation et ses goûts n'ont en fait rien d'académique. Son Mazeppa et les loups (1826, musée Calvet, Avignon), sa Barrière de Cli […]
