6. Organisation des soins et planification hospitalière
Les statistiques traditionnelles sur le fonctionnement des hôpitaux s'appuient sur les données suivantes : lits budgétaires (L) ; nombre annuel d'entrants ou, plus exactement, la moitié de la somme des admissions et des sorties, y compris les décès (E) ; journées d'hospitalisation annuelle (J). On en déduit le taux d'occupation moyenne (Om = J/365 L), le séjour moyen (Sm = J/E) et, enfin, la rotation des lits (R = E/L = 365 Om/Sm).
On peut connaître le séjour moyen optimum par l'étude de valeurs observées pour des malades échantillonnés soit par une étude continue dans le temps, soit par des enquêtes par sondage pratiqué un jour donné (Yoshitake). L'occupation moyenne dépend de plusieurs facteurs, mais peut se calculer pour chaque unité d'hospitalisation par la formule :

On peut donc théoriquement déduire le nombre de lits nécessaire à la population à desservir et un indice lit/population (Il/p = nombre de lits/population dépendante). Mais cette méthode présente de graves défauts. Le taux d'occupation n'a pas de sens s'il excède 100 p. 100, ce qui arrive dans les pays en voie de développement et même dans les hôpitaux des pays avancés qui s'en tiennent à un nombre de lits budgétaires inférieur au nombre de lits employés. La population dépendante ne peut pas être évaluée sans recherche approfondie car ou bien on constate une grande mobilité des malades entre les éléments d'un réseau hospitalier dense – et les zones d'attraction de chaque hôpital empiètent donc largement les unes sur les autres –, ou bien une part inconnue de la population ne sollicite pas des soins hospitaliers quand les hôpitaux sont difficilement accessibles, soit par manque de lits ou de ressources, soit à cause de la distance. La demande de soins est donc très élastique et dépend de facteurs mesurables tels que : distance, coût des soins, prévalence des maladies par groupe d'âge et par se […]
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