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HONNEUR

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2.  Manifestations de l'honneur

L'honneur est, en effet – et c'est essentiel –, une qualité qui s'acquiert par la naissance ou le mérite (honneur-vertu ou honneur-préséance des anthropologues), mais surtout qui se perd. Elle se perd à partir du moment où le comportement de celui qui est considéré comme homme d'honneur ne répond plus aux critères fixés par le code de la société dans laquelle il vit. Une « dette d'honneur » se doit d'être honorée, un « serment sur l'honneur » d'être respecté. Comment expliquer la prégnance de ces prescriptions ? La question pécuniaire n'est pas en cause ; le parjure non plus, puisque, à partir du moment où l'on jure, on doit ne pas mentir. Quand on en appelle à l'honneur, on en réfère à un certain code social et moral. Celui qui transgresse ce code, après l'avoir évoqué, s'exclut de facto de sa communauté, il s'excommunie et est excommunié.

Selon le code établi, l'honneur se perd généralement par lâcheté, il se regagne par le courage. C'est un paradoxe, mais il est exact de dire que souvent l'honneur se mesure à l'aune de l'affront. Celui qui reçoit un affront risque d'être déshonoré. Encore faut-il pour que le risque existe que l'affront soit explicite – paroles accompagnées de geste (car on peut toujours interpréter les mots), soufflet ou bras d'honneur... ; qu'il soit fait en présence de témoin qui rendent les faits irrémédiables ; qu'il vienne, enfin, d'un égal. Si l'offenseur est un inférieur, l'injure ne peut atteindre celui à qui elle est destinée : « Honni soit qui mal y pense », selon la fière devise des rois d'Angleterre ; si l'offenseur est un supérieur, l'injure ne peut – de fait – être vengée, donc elle ne provoque pas de déshonneur. Un paysan dont la femme a été séduite par un noble ou un notable ne perd pas l'estime des siens, au contraire, parfois.

À partir du moment où l'affront est réel, l'offensé a le devoir de se venger, sinon, il perd sa propre estime et celle des autres. Il doit exiger que l'offenseur lui présente des excuses, […]

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