3. La Hongrie sous le communisme (1945-1989)
Le fait d'avoir de 1941 à 1944 (et même au-delà) combattu aux côtés de l'Allemagne nazie a livré la Hongrie, pays vaincu, à la puissance soviétique. S'y installant dès l'automne de 1944, les Soviétiques ont dans un premier temps (1945-1948) toléré qu'il y règne une relative liberté sous la forme d'un parlementarisme à l'occidentale, encore que le nouveau régime ait dû se plier à la volonté de la puissance occupante et concéder des privilèges exorbitants à un Parti communiste agissant de concert avec Moscou. Mais, dès 1947, les forces non communistes du pays ont subi d'immenses pressions tant du côté des Soviétiques que de la part des communistes locaux et finirent par être liquidées les unes après les autres. L'année 1949 vit la proclamation d'une « république populaire » à la soviétique qui devait durer quarante ans.
L'histoire de la Hongrie communiste a été marquée par un soulèvement général (automne de 1956) qui a fortement impressionné les Soviétiques comme d'ailleurs le monde occidental et asiatique, peu habitué jusque-là à voir un peuple tout entier se révolter contre le communisme. Pendant les trois décennies suivantes, les Hongrois ont réussi à arracher à Moscou des concessions leur permettant d'aménager le système de façon à le rendre à la fois plus viable et plus supportable. D'aucuns ont comparé cet aménagement au compromis de 1867 ; cependant, à la différence de celui-ci, les tolérances obtenues après 1956 n'ont pas été négociées dans la clarté ni inscrites dans les lois du pays.
En dépit de cette situation exceptionnelle qui fit de leur pays pendant un quart de siècle (1964-1989) la « vitrine » du monde soviétique, les Hongrois devaient être en 1989 les premiers, avec les Polonais, à rejeter le communisme et à se donner à nouveau un système institutionnel s'inspirant des principes de la démocratie occidentale.
• La mise en place de la domination communiste
Dès l'automne de 1944, les Soviétiques, s'emparant de l'est et du nord-est de la Hongrie, s'emploient à y constituer un rassemblement politique antiallem […]
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